Ce carnaval-là n’ouvre pas la période du carême,
Il offre la gueule de bois en guise de saint-chrème!
Comme des figurines grotesques douées de parole,
Qui s’époumonnent à nous donner la leur et autres fariboles.
Ils veulent nos voix pour nous offrir le monde,
Qu’ils les aient et nous serions priés de continuer la ronde
Sur le pont de la nef des fous, vous croyiez un capitaine
Et ce pourrait être la parodie du croque-mitaine.
Alors que faire? La pêche à la ligne qu’ils disent indignes?
Le coup de poing? Ils accuseront de franchir la ligne.
Ils se croient nos voix dues à leurs simagrées indues.
Mais ne rien faire, c’est ouvrir la voie à qui sait au mieux mener les sots
Et voter, c’est trop souvent se donner bonne conscience et les rejoindre, les sots.
Vertige! L’objet du délit, le fonds du litige
Est nos vies et les clefs de l’avenir qui oblige
A décider de vivre ou se démettre à ne plus que survivre,
Et ne plus jamais trop s’approcher de la tranche des livres
Si dangereux de converser la noslalgie de la pensée libre,
Celle qui du citoyen pourrait raminer les fibres
Et de l’antique vertu retrouvée, celle de l’homme libre.
Pas le pantin qui consomme, celui qui se dresse
Et qui s’il tombe deux fois, trois se redresse.

